Discours de Michel GOBILLOT, Président de la Chambre de Commerce à l’occasion des voeux le 5 janvier 2010
"Monsieur Moisselin, Préfet de Région,
Monsieur Carton, Secrétaire Général de la Préfecture,
Monsieur Bourg-Broc, Député-Maire de Châlons-en-Champagne,
Président de la Communauté d’Agglomération,
Monsieur Bachy, Président du Conseil Régional,
Mon Général,
Messieurs les Conseillers généraux,
Mesdames et Messieurs les maires et élus,
Chers amis et collègues chefs d’entreprises,
Mesdames et messieurs,
Notre Ministre, Benoit Apparu, rencontré hier, est excusé.
Nous voilà réunis pour célébrer le début de la 2ème décennie du 21ème siècle. Nous avons encore en mémoire le passage à l’an 2000, c’était hier. Mais la vie des affaires passe très vite : après des années prospères pour beaucoup d’entreprises entre 2005 et 2008, la crise est arrivée brutalement fin 2008 et l’année 2009 a été très difficile dans de nombreux secteurs. Les prochains mois inspirent davantage la prudence que l’optimisme.
Et pourtant, nous devons retenir de ces 18 derniers mois que les PME, et les entreprises en général, ont su réagir et s’adapter pour survivre alors que les clients se faisaient rares ou remettaient en cause les engagements pris. Il faut être conscient des efforts, voire des sacrifices, accomplis par les chefs d’entreprises et par leurs collaborateurs pour assurer la pérennité de leurs activités.
Nous reconnaissons aussi l’impact positif des mesures d’urgence mises en œuvre par les Pouvoirs Publics, en particulier avec la médiation du crédit. J’ajouterai que nous avons la chance localement de bien nous connaître et de travailler en confiance avec les services de l’Etat pilotés par M. le Secrétaire Général de la Préfecture, avec la Banque de France, OSEO, le Tribunal de Commerce, les services du Conseil Régional et bien d’autres.
C’est l’illustration de ce que nous pouvons réussir quand nous avons des services de proximité réactifs. Grâce à cela, nous avons pu sauver de très belles PME locales.
Ceci renvoie au débat sur la réforme des Chambres de commerce et sur celle de l’organisation territoriale de la France. L’objectif de simplification de l’administration des territoires est prioritaire s’il s’accompagne d’une réduction des dépenses de fonctionnement, synonyme d’allègement de la fiscalité et de réduction de la dette publique. Mais il faut savoir distinguer les regroupements des fonctions support avec le maintien d’une offre de services de proximité qualitative.
Je citerai l’exemple de notre coopération avec la Chambre de Métiers et de l’artisanat de la Marne initiée en 2009. Nous avons mis à disposition de celle-ci un bureau et des salles de réunion pour qu’elle reçoive ses ressortissants localisés à Châlons, à Vitry ou à Sainte Ménehould. Nous avons coordonné nos programmes d’accueil et d’information des créateurs d’entreprise. Nous avons organisé ensemble notre présence régulière à Vitry en partenariat avec l’ADEVA. Les résultats sont là avec un nombre élevé de rendez-vous et des ressortissants satisfaits d’éviter un déplacement à Reims.
Je peux citer également l’appui que nous apportons à la CRCI voisine en assurant la gestion de son système informatique depuis que nous avons tiré un câble en fibre optique entre nos deux sites. La mutualisation des moyens d’appui aux actions opérationnelles va se poursuivre au sein du réseau consulaire régional.
L’engagement fort de nombreux chefs d’entreprise au sein de la Chambre de commerce constitue un atout indispensable pour le développement économique local. Les réformes ne doivent pas casser cette dynamique de proximité en imposant des organisations trop technocratiques.
Mais le retour à la croissance ne dépend pas que des organisations consulaires et professionnelles et de la proximité des Pouvoirs Publics. Je tiens à évoquer l’inquiétude des chefs d’entreprises sur la perte de compétitivité de la France dans de nombreux domaines. Il y a des causes liées à la faiblesse des investissements dans l’innovation, d’autres au manque d’agressivité commerciale sur les marchés internationaux et d’autres résultant d’une approche trop financière de l’économie. Mais comment ne pas s’inquiéter de l’évolution de la fiscalité ? Et aussi des charges sur les entreprises ?
La taxe professionnelle était dénoncée depuis de nombreuses années pour son impact négatif sur les entreprises les plus dynamiques qui investissaient. La réforme annoncée, certainement préparée dans la précipitation, suscite un mécontentement quasi général :
de la part des collectivités locales qui craignent de ne plus maîtriser une part importante de leurs ressources,
de la part des entreprises de commerce et de service qui voient arriver une augmentation sensible de leur fiscalité.
et l’industrie, qui devrait bénéficier de cette réforme, s’inquiète maintenant de l’impact de la taxe carbone.
Et nous pouvons ajouter pour certains l’augmentation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (vous pouvez en parler aux Rémois) et pour d’autres l’activation de la taxe sur les enseignes.
Il est urgent que tous les décideurs qui ont en charge des activités financées par des revenus de transfert prennent conscience que les dépenses publiques doivent contribuer au retour à la croissance et au rétablissement de la compétitivité car tout prélèvement supplémentaire sur les entreprises affaiblit l’économie nationale et génère le recul de la production et du pouvoir d’achat.
Nous sommes également concernés à la Chambre par la recherche de la meilleure efficacité de nos actions. Financés à moins de 50 % par la fiscalité additionnelle à la taxe professionnelle, nous n’avons pas modifié notre taux d’imposition depuis 2005. Nous travaillons, nous investissons pour favoriser le développement des entreprises existantes, pour susciter et soutenir la création d’entreprises et pour attirer des projets nouveaux sur notre territoire.
Ceux-ci ont été plutôt rares en 2009, aussi nous pouvons être fiers d’avoir accompagné l’implantation d’un centre de distribution de produits pharmaceutiques dans un bâtiment existant à Saint Martin sur le Pré. 40 à 50 emplois vont ainsi être créés au 2ème trimestre.
Sur le site libéré par Peugeot à La Veuve l’été dernier, nous sommes en discussion avancée avec un projet non logistique portant sur 20 emplois. Mais avec plus de certitude, nous pouvons affirmer que l’entrepôt national des chaussures Beryl ouvrira cette année sur cette même zone puisque les travaux ont démarré en décembre. Il s’agit d’un transfert de l’ancien site de la rue de Fagnières mais il illustre la confiance du groupe VIVARTE dans les atouts de notre principale zone que nous voulons agrandir sur 60 hectares.
Les Grands Vins Henri Maire ont aussi retenu La Veuve pour son positionnement stratégique en implantant dans notre centre d’affaires son équipe commerciale Nord-Est.
Le projet de l’usine CIMV de fabrication de pâte à papier à partir de la paille est lourd et complexe, il sortira de terre à Loisy sur Marne cette année mais pour une mise en service fin 2011. Nous y consacrons beaucoup de temps et beaucoup d’énergie car c’est un projet exceptionnel qui aura des retombées importantes sur l’agglomération de Vitry et sur notre territoire.
En Argonne, nous nous réjouissons que notre espace d’activités soit à nouveau rempli avec l’arrivée de la société Argonne Propre qui fait du conditionnement pour CEBAL.
Mais nous sommes particulièrement heureux d’avoir contribué à la reprise de la société FERRI à Givry en Argonne par l’ancien directeur de COTUPLAS à Ste Ménehould, suite au décès de son PDG, M. Hannecart. Pour aider le repreneur à financer son acquisition, nous rachetons l’ensemble de l’usine et du terrain que nous allons relouer à l’entreprise. Nous contribuons ainsi à la pérennisation de 60 emplois industriels en milieu rural, sans prendre la place d’un investisseur privé. Nous pouvons féliciter M. Leblais le repreneur pour son sérieux et son implication forte. Nous croyons beaucoup en lui.
C’est avec cet objectif de soutenir des projets plus difficiles à financer que nous allons lancer la semaine prochaine la société d’investissement immobilier "Champagne Centrale Développement" qui sera présidée par Jacky Vauthier, mandaté par la CCI. Nous sommes heureux d’avoir associé à notre projet la Caisse d’Epargne, le Crédit Agricole et la Banque Populaire. L’implication de l’association de chefs d’entreprise Chalenge sur ce projet lui donne une dimension originale qui a intéressé les banquiers. Nous avons déjà un dossier d’investissement présenté par une PME à étudier.
Je tiens à évoquer la situation de l’aéroport Paris Vatry car le petit groupe de chefs d’entreprise châlonnais qui a lancé le projet il y a maintenant 15 ans est toujours actif au sein de la CCI pour soutenir un équipement et un site qui restent exceptionnels et qui ont toujours la capacité à générer un formidable développement économique. A tous les détracteurs de cet investissement, nous rappelons qu’actuellement plus de 650 personnes travaillent à Vatry. Les atouts techniques et logistiques sont toujours réels et nous permettront de retrouver le chemin de la croissance quand le fret aérien mondial ne sera plus en crise.
Nous nous donnons les moyens de redynamiser l’aéroport et ses zones d’activité. Depuis hier, nous avons recruté, avec le Conseil général, un collaborateur chargé de commercialiser le site au niveau international, Monsieur Grumiaux. Son expérience professionnelle à Roissy nous rend crédibles pour aller démarcher les investisseurs. Parallèlement la SEVE a nommé un nouveau directeur en la personne de Gilles DARRIAU, son expérience à la direction générale de Kéolis aéroport est aussi un atout notoire. Si nous savons que l’année 2010 sera encore difficile, je suis convaincu que nous aurons retrouvé le chemin de la croissance dans un an. Et nous devrions prochainement prendre d’autres initiatives avec le Conseil Général.
Avec Logistair et notre centre d’affaires nous restons bien implantés à Vatry. Nous poursuivons notre soutien au restaurant d’entreprise et nous avons à nouveau loué la totalité des bureaux. Nous sommes prêts à investir à nouveau si nous favorisons ainsi des implantations nouvelles.
Autre sujet important sur lequel nous allons travailler en 2010, le partenariat avec l’UCIA de Châlons pour présenter une candidature commune à l’exploitation du futur Parc des Expositions. C’est un projet nouveau pour nous. Notre objectif commun est de nous associer à des partenaires professionnels qui viendront compléter le savoir-faire de l’équipe dirigée par Bruno Forget. Nous voulons que cet outil indispensable au rayonnement du commerce châlonnais mais plus généralement au rayonnement de notre capitale régionale reste géré par des châlonnais responsables.
Enfin, je tiens à évoquer le travail des autres services de la CCI. L’année 2009 a été marquée par la création du statut d’auto entrepreneur. Le succès a été immédiat et nos services ont accueillis plus de 200 candidats, tous n’ont pas créé, d’autres ont créé sans générer d’activité. Mais c’est un dispositif dont les effets positifs et négatifs sont encore mal évalués.
L’augmentation du nombre d’entreprises dans notre circonscription a ralenti mais nous nous rapprochons de notre objectif de 5000 ressortissants.
Trop méconnu sur Châlons, l’IPI est devenu une grande école dans le monde de l’industrie. Nous accueillons actuellement 122 élèves qui, avec un niveau bac+4, vont devenir des cadres de production dans l’industrie européenne. Nous sommes fiers de ce succès qui nous permet d’avoir un partenariat avec la CCI d’Albi qui a ouvert l’IPI Albi. Et nous pourrons probablement vous annoncer l’an prochain l’ouverture d’un nouvel IPI dans les Pays de la Loire et la mise en place d’une formation à Bac+5. La situation difficile des années 2005-2006 est oubliée. Bravo à l’équipe IPI qui a réussi à retrouver le chemin de la croissance tout en réduisant les coûts de fonctionnement.
Je tiens à féliciter pour leur implication auprès de moi, les chefs d’entreprise qui animent les commissions et les associations partenaires : je pense à MISE, au CFA, au Centre de gestion agréé, au 1 % Logement pour lequel Roger Fatoux et ses collègues nous ont permis de trouver une solution qui préserve les intérêts de notre circonscription. Et je ne cite pas tout le monde.
Remerciements également à tous les collaborateurs de la CCI qui ne sont pas sur les missions les plus visibles mais dont le rôle est indispensable ; sans oublier Gabriel Francart, toujours disponible et qui travaille efficacement à mes côtés en toute loyauté.
La CCI est en ordre de bataille pour relever les défis de 2010, je vous souhaite à tous une bonne année 2010, dans vos affaires mais aussi à titre personnel.
Je vous remercie."